Douceur dominicale

Publié le par Vassili

En cette fin de semaine, je voulais vous faire partager un texte de mon goût, ceci d'autant plus que son auteur vient de mon pays d'origine, la Charente-Maritime... (Je vous invite d'ailleurs à découvrir sa demeure si le hasard vous y mène).

Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change,
Le lait en basané auprès de ce beau teint,
Du cygne la blancheur auprès de vous s'éteint,
Et celle du papier où est votre louange.
 
Le sucre est blanc, et lorsqu'en la bouche on le range
Le goût plaît, comme fait le lustre qui le peint.
Plus blanc est l'arsenic, mais c'est un lustre feint,
Car c'est mort, c'est poison à celui qui le mange.
 
Votre blanc en plaisir teint ma rouge douleur,
Soyez douce de goût, comme belle en couleur,
Que mon espoir ne soit démenti par l'épreuve,
 
Votre blanc ne soit point d'aconite noirci,
Car ce sera ma mort, belle, si je vous trouve
Aussi blanche que neige, et froide tout ainsi.

Agrippa d'Aubigné (1552 - 1630)

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Publié dans Voyageur éternel

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