Un hommage...

Publié le par Vassili

La Ballade des pendus
 
      Frères humains qui après nous vivez
      N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
      Car, ce pitié de nous pauvres avez,
      Dieu en aura plus tost de vous merciz.
      Vous nous voyez ci, attachés cinq, six
      Quant de la chair, que trop avons nourrie,
      Elle est piéca devorée et pourrie,
      Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
      De nostre mal personne ne s'en rie:
      Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!

      Se frères vous clamons, pas n'en devez
      Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
      Par justice. Toutefois, vous savez
      Que tous hommes n'ont pas le sens rassiz;
      Excusez nous, puis que sommes transsis,
      Envers le filz de la Vierge Marie,
      Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
      Nous préservant de l'infernale fouldre
      Nous sommes mors, ame ne nous harie;
      Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

      La pluye nous a débuez et lavez,
      Et le soleil desséchez et noirciz:
      Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
      Et arraché la barbe et les sourciz.
      Jamais nul temps nous ne sommes assis;
      Puis ca, puis là, comme le vent varie,
      A son plaisir sans cesser nous charie,
      Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
      Ne soyez donc de nostre confrarie;
      Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

      Prince Jhésus, qui sur tous a maistrie,
      Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
      A luy n'avons que faire ne que souldre.
      Hommes, icy n'a point de mocquerie;
      Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!
       

        François Villon
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Publié dans Voyageur éternel

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S
Villon, vil pleutre ! Les tremere se vengeront ! Et ce jour là tu vas moins rigoler !Niark Niark NiarkLe FLT
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