Sur la montagneuuuuuuuuuuuh

Publié le par Vassili

Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas abreuvés de mes élucubrations cinématographiques. Il faut dire aussi que je n'ai plus guère l'occasion de hanter les salles obscures, et que, quoique fan de blockbusters, je n'ai pas jugé utile de chroniquer GI Joe (même si j'assume pleinement!)...

En revanche, le film dont je vais vous parler mérite une recommandation toute particulière, 4 étoiles et des hugs!



LA-HAUT
des Studios Pixar


J'avais laissé les Studios Pixar après le sympatoche Volt, pas nécessairement le meilleur Pixar (en grande partie du fait de la prestation calamiteuse d'Anconina au doublage), mais un fort bon produit, bien fait, avec une petite charge discrète du systeme hollywoodien signé par ce petit polisson de John Lasseter, qui confirme au passage son réel talent de conteur d'histoire.

Avant là-haut, j'avais une legere appréhension. Je craignais que le postulat de base ne tourne vite en rond.

Comme d'habitude, je vais évacuer d'entrée le point négatif, comme ça je pourrai ensuite tresser tranquillement des couronnes de laurier ensuite.

Techniquement, ce n'est pas le Pixar le plus abouti. Et je ne suis pas convaincu que la 3D apporte un plus indiscutable. Voilà, c'est dit.

Pour le reste, nous avons un Pixar que de prime abord je considère peut-être comme le meilleur, et en tous cas le plus beau.

Carl Fredrikson est un vieux bonhomme hanté par le souvenir de son épouse. En hommage à elle, il décide d'élever sa maison dans les airs à l'aide de ballons pour rejoindre les Chutes du Paradis, au Venezuela, où elle rêvait de s'établir.

Mais Russel, un petit scout passager clandestin, et une série de péripéties vont transformer l'odyssée aérienne en aventure extraordinaire.

Je vais le dire tout net, j'ai adoré ce film.

Le début, tout d'abord, met en scène une magnifique histoire de vie, la vie de Carl, donc. Tout y est traité avec délicatesse, pudeur, et manifestement les studios Pixar ont planché à mort sur la "characterization", comme on dit, c'est-à-dire le soin apporté aux personnages. Et leurs psychologies, leurs relations, sont traitées avec pertinence et finesse. Du coup, on s'attache très vite à ces personnages terriblement humains (un bon Charles Aznavour au doublage, d'ailleurs), ce qui est facilité par un dessin qui n'est déliberement pas photoréaliste, manifestement.. Difficile d'en dire plus sans spoiler, mais l'histoire est superbe et très touchante. La même volonté anime d'ailleurs tout le film, puisque les rapports entre Carl et Russel sont crédibles et bien amenés. Lorsque l'on sait que les studios Pixar ont passé plus de 3 ans sur ces points-là, on s'en étonne moins. D'ailleurs, le réalisateur, Pete Docter, a déjà signé Monstres et Cie, signe de l'attachement qu'il porte à ses personnages, et il est l'auteur du scénario de Wall-e, dont j'ai déjà dit tout le bien que je pensais dans ces colonnes.

Et puis, il y a ce coup de folie, merveilleusement poétique, du vieux vendeur de ballons qui décide d'amarrer sa maison à ces mêmes ballons plutôt que de la voir détruite, pour voir s'accomplir le rêve de sa chère épouse. Alors, bien sûr, il faut accepter d'y croire, mais à cet instant du récit, normalement, vous trouverez ça tout à fait crédible, d'une part, et parfaitement merveilleux, d'autre part!

S'ensuit une aventure absolument rocambolesque, par moments totalement surréaliste, avec évidemment, Disney oblige, un méchant particulièrement vicieux, entouré de chiens pas piqués des vers (je pense que ceux qui ont des chiens vont encore plus être réceptifs à quelques coups de génie). Je pense notamment à un Dobermann qui traverse des avatars bien incommodes, et à la colerette de la honte...

Au rang des mésaventures, citons pêle-mêle un oiseau débile, un chien qui ne l'est pas moins, Russel qui est un petit scout débrouillard, certes, mais passablement crétin par moments, une poursuite aérienne incroyable et nous avons quelques ingrédients de ce cocktail survitaminé qui ne mollit absolument jamais. A vrai dire, à la fin, et ça n'arrive pas si souvent, on demanderait bien un peu de "rab"...

Et toute cette aventure positivement jubilatoire est ponctuée de quelques beaux moments d'émotion, d'une belle réflexion sur le temps qui passe, le souvenir, l'absence, distillée ça et là au profit du spectateur attentif et immergé dans l'histoire, pour une oeuvre qui alterne la fable burlesque et la poésie pure. Le tout avec une morale que Lamartine ne renierait pas (non, je n'exagere pas, voyez le film et je suis tout prêt à défendre cette assertion).

En bref, ne croyez pas les imbéciles qui prétendent que les films d'animation ne sont que du cinéma de seconde zone, j'affirme que Là-Haut peut en remontrer à beaucoup de films de bobos à la con sur la délicatesse et la finesse, et qu'en plus il s'offre le luxe d'être une belle aventure trépidante! Après tout, c'est quand même le premier film d'animation qui fait l'ouverture du Festival de Cannes (comme quoi ils ne sélectionnent pas que des drames sociaux ouzbeks, c'est rassurant). Et puis ce serait dommage que ce petit bijou passe inaperçu, alors courez le voir!

PS: ne ratez surtout pas "l'avant-film", avec le traditionnel court-métrage Pixar, qui est particulièrement réussi, et constitue un parfait apéritif avant ce délice cinématographique.
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Publié dans Mon univers

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