Ca me laisse tabac.
Alors que je me trouvais dans le manoir familial, vautré sur un moelleux canapé en cuir de Dodo les pieds posés sur le dos d'une soubrette, je me laissais aller avec une certaine nonchalance à la lecture de revues plus ou moins recommandables abandonnées là par Mère.
Dégustant à l'aide d'une louche en argent massif le caviar venu de notre propriété d'Azerbaidjan, je faisais signe au serviteur de tourner les pages, sans perdre le rythme pour me ventiler, faute de quoi il subirait une série de coups de fouet.
Et alors que l'orchestre symphonique s'apprêtait à interpréter Eine Kleine Nachtmusik, je lançais avec fracas un "Palsembleu" fort malvenu.
En effet, que m'apprenait le journal que tenait à bout de bras un jeune orphelin cambodgien recruté pour l'occasion?
Vous n'êtes pas sans savoir, tas de marauds, que l'Etat français mène une guerre sans merci contre le tabac. Faisant venir de Cuba ma reserve de cigares personnelles par avion privé je ne m'en était jamais plaint, mais j'ai toujours eu de la compassion pour les pauvres. Pour être de droite on n'en est pas moins homme. Et bien malgrè les avertissements légaux du type 'fumer tue, comme le reste" ou "baaaaah attention fumer caca", j'apprenais que l'Etat organisait des roulements pour les fermetures estivales. Pour les pharmacies, ce qui n'était pas aberrant, tant le peuple a besoin de se fournir en médicaments. Pour les boulangeries, ensuite, pour que le prolétaire ne disposant pas d'un boulanger et d'un four à bois puisse sans peine accéder tout au long de la période estivale à sa baguette fétiche. Conséquence évidente de la horde prolétaire et de ses desideratas de congés payés que le faible Blum avait laissé faire. Honte sur lui.
Mais aussi, apprenais-je donc, pour les débits de tabac. Alors que l'occasion était belle de forcer, sous la contrainte, les foules à ne plus fumer temporairement, et bien non, il fallait s'assurer que le bon peuple aurait quand même accès à sa dose, et l'Etat à ses taxes...
Signe des temps s'il en est.
Bon certes, cette nouvelle a moins de portée que la nouvelle du décès de René, membre éminent des Musclés, mercredi dernier, mais tout de même, voilà qui est navrant...
Dégustant à l'aide d'une louche en argent massif le caviar venu de notre propriété d'Azerbaidjan, je faisais signe au serviteur de tourner les pages, sans perdre le rythme pour me ventiler, faute de quoi il subirait une série de coups de fouet.
Et alors que l'orchestre symphonique s'apprêtait à interpréter Eine Kleine Nachtmusik, je lançais avec fracas un "Palsembleu" fort malvenu.
En effet, que m'apprenait le journal que tenait à bout de bras un jeune orphelin cambodgien recruté pour l'occasion?
Vous n'êtes pas sans savoir, tas de marauds, que l'Etat français mène une guerre sans merci contre le tabac. Faisant venir de Cuba ma reserve de cigares personnelles par avion privé je ne m'en était jamais plaint, mais j'ai toujours eu de la compassion pour les pauvres. Pour être de droite on n'en est pas moins homme. Et bien malgrè les avertissements légaux du type 'fumer tue, comme le reste" ou "baaaaah attention fumer caca", j'apprenais que l'Etat organisait des roulements pour les fermetures estivales. Pour les pharmacies, ce qui n'était pas aberrant, tant le peuple a besoin de se fournir en médicaments. Pour les boulangeries, ensuite, pour que le prolétaire ne disposant pas d'un boulanger et d'un four à bois puisse sans peine accéder tout au long de la période estivale à sa baguette fétiche. Conséquence évidente de la horde prolétaire et de ses desideratas de congés payés que le faible Blum avait laissé faire. Honte sur lui.
Mais aussi, apprenais-je donc, pour les débits de tabac. Alors que l'occasion était belle de forcer, sous la contrainte, les foules à ne plus fumer temporairement, et bien non, il fallait s'assurer que le bon peuple aurait quand même accès à sa dose, et l'Etat à ses taxes...
Signe des temps s'il en est.
Bon certes, cette nouvelle a moins de portée que la nouvelle du décès de René, membre éminent des Musclés, mercredi dernier, mais tout de même, voilà qui est navrant...
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