Ils ne font pas dans la dentelle!

Publié le par Vassili

Deuxième film de cette session, là vraiment un ton au-dessus:





IN BRUGES, de Martin MacDonagh
avec Colin Farrell, Brendan Gleeson et Ralph Fiennes

C'est l'histoire de deux tueurs à gages, d'un psychopathe, d'un nain raciste, de putes minables et d'une trainée sympa.

Dit comme ça, ça a un air de Tarantino? Et bien c'est normal!

In Bruges, traduit en francais "bons baisers de Bruges" par des abrutis congénitaux et sans scrupule, auteurs des sous-titres assez navrant du film par ailleurs, raconte donc le périple de deux tueurs à gage à Bruges, où ils doivent se planquer après un coup un peu foireux...

Colin Farrell, c'est Raymond, irlandais, abruti, drogué, alcoolo, vaguement réac.

Brendan Gleeson, c'est Ken, anglais, raffiné, blasé.

La premiere partie du film montre donc le périple de ces deux hommes, entre Farrell qui passe son temps à expliquer que Bruges, c'est de la merde, et à chercher des noises à tout un chacun, et Gleeson, plus sensible au charme de la ville, plus sage en quelque sorte.

Et le duo fonctionne à merveille: si Farrell en fait à mon sens des tonnes, il a une jubilation réelle et perceptible et dans le registre du môme gaté, il est parfait. Quant à Gleeson, il est tout simplement excellent. D'une justesse rare en vieil ermite fatigué, qui à la différence de son fougueux partenaire a le recul des années, il promène sa lourde carcasse avec un flegme britannique. Ils rappellent beaucoup Jackson et Travolta dans Pulp Fiction.

Notre duo va donc rencontrer une galerie de personnages savoureux: le nain teigneux, raciste, un peu con, mais attachant, la tauliere de l'hotel, à qui il ne faut pas en compter, la petite escroque (ca existe ça?) craquante, le copain de ladite nana, skin con comme ses pieds, etc.

Et le film d'enfiler les scènes improbables et les dialogues surréalistes avec une énergie inextinguible, comme l'orgie ou la scène au restau, déjà cultes.

Deuxième partie du film: entrée en scène de Ralph Fiennes. Le film gagne alors sur le plan de la dramaturgie pure, sans jamais se départir de son humour ou de son sens du décalage. Fiennes y joue un rôle extrême, toujours au bord de basculer, ou au-delà de la limite, et revele un potentiel qu'on ne lui soupconnait pas, rejoignant des personnages crédibles, humains et bien construits.

Et que dire des gunfights, hallucinés et hallucinants, ponctués de scènes improbables et de dialogues aux petits oignons?

Le tout, servi par la réalisation impec de Mac Donagh, réal à suivre comme son ombre! Alors que Farrell passe son film à vomir sur la ville, la caméra de Mac Donagh exploite Bruges à merveille, en utilisant tous les coins et recoins pour servir son récit, mettant en exergue la réelle beauté de la ville (j'y retourne!), passant du Bruges gothique au Bruges romantique en un éclair, avec en fond une musique flippante, excitante ou douce, au choix.

Rajoutons, pour la fine bouche, que le film jouit d'un certain côté badass louchant sur la comédie noire et politiquement très incorrecte, ce qui ne manquera pas de faire saliver ceux qui comme moi en ont marre du ciné de cul serré.

Bref, un film maitrisé à merveille, qui monte crescendo jusqu'à un climax génial,  qui clot en apothéose un film qu'il serait criminel de louper en ce début de vacances!


PS: si vous êtes un peu anglophones, tendez l'oreille, vous verrez que les dialogues sont très supérieurs à ce que les traducteurs en ont fait.

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Publié dans Mon univers

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