Au bout de l'ennui

Publié le par Vassili

Suite à un accomplissement important dans mon taf, j'ai décidé de m'accorder deux jours de "relache". Si ce jeudi m'a vu contraint d'aller voir Narnia 2, immonde daube sur laquelle je refuse de revenir, ce samedi a été cinéphiliquement parlant beaucoup plus festif.

Commencons avec


AU BOUT DE LA NUIT, de David Ayer
avec Keanu Reeves et Forest Whitaker


Je suis allé voir ce film pour une seule et unique raison: Forest Whitaker. Bon ok il est scientologue. Ok il paie ses impots. Mais quand on a joué dans The Crying Game, Ghost Dog ou le Dernier Roi d'Ecosse avec un tel génie (et encore, le mot est faible), on peut se permettre d'attirer le spectateur sur son simple nom. Et ce, malgré le féroce mépris que je vous à Keanu Reeves, le seul homme qui ne pourrait plus jouer si on lui coupait les sourcils.

"Au bout de la nuit" nous propose un voyage (j'ai pas pu résister, pour changer) dans l'univers de Tom Ludlow, flic extreme aux méthodes radicales couvert par un patron complaisant, et qui va mettre le doigt dans l'engrenage de trop.

Au début du film, on a l'impression d'un polar des années 80, avec le pseudo super-flic brisé par un drame perso qui traite les racailles les doigts dans le nez. Mais rapidement, le ton est donné lorsque notre super-flic s'en prend plein les gencives. On se prend alors à rever d'un film qui va enfin reveler un personnage trouble, attachant. En fait non, c'est bien un super-flic.

Et très vite, on se rend compte que le film est un mélange entre l'inspecteur Harry et The Shield.

Problème: de bonnes sources ne font pas un bon film. D'une, Keanu Reeves n'est pas Clint Eastwood. Je n'aime pas spécialement l'auteur honteux de "sur la route de madison", mais en Dirty Harry, il est unique. D'autre part, The Shield a passé 6 saisons à installer un univers, un scénario, des personnages, avec un rythme constant et une écriture aux petits oignons. Evidemment, on ne traite pas un sujet en 1h50 comme en 90 épisodes. Mais il n'empeche: je trouvais déjà que LA Confidential, du même Ellroy, ne brillait pas par son scénario, c'est loin d'être le cas de celui-là. Difficile d'en dire plus sans spoiler, mais on ne peut pas dire que l'histoire soit renversante, notamment du fait de renversements de situation trop prévisibles ou trop improbables (le coup du mec au mauvais endroit au mauvais moment a ses ilmites).

Quant à Forest Whitaker, et bien il doit sa présence au casting à sa prestation remarquable dans The Shield, mais on sent bien que lui non plus, ni son personnage ni le script ne l'ont fasciné...

Reste, heureusement, Hugh Laurie, alias Dr House. On regrettera que le réal ait multiplié les clins d'oeil à la série, justement, mais le fait est que chacune de ses apparitions est un petit moment de jouissance.

Le réal, justement. Et bien il est à craindre pour David Ayer qu'il ne rajoute son nom à la longue liste des tacherons d'Hollywood, spécialistes du film sur commande. Sans inventivité, sans génie, avec une lisibilité des scènes d'action très limitée, le tout soutenu par un score insupportable, on ne lui confiera pas demain un gros projet.

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, je ne déconseille pas ce film. Si vous ne connaissez pas The Shield, ca peut faire un apéro. A défaut, vous aurez un polar d'action sympathique, assez rythmé somme toute, sans réel temps mort, avec un petit côté Vigilante à la Bronson bien old school qui sait tenir en haleine.

A vous de voir, mais dans tous les cas je ne pense pas que ce soit un mauvais choix.

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Publié dans Mon univers

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