i Et viiiiiiva España !

Publié le par Vassili

Le moins que l'on puisse dire, c'est que celui-là, je l'aurai attendu, et pas qu'un peu...

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L'ORPHELINAT,
de J.A. Bayona, avec Belen Rueda

Il y a des films qui s'imposent comme une évidence, tant leur génie saute aux yeux. Et L'Orphelinat est de ceux-là.


Laura a grandi dans un orphelinat. Quelques années plus tard, elle y revient pour fonder un centre d'aide aux jeunes handicapés. Jusqu'à ce que son fils disparaisse...


Dès les premières images, Bayona nous écrase avec un talent visuel incroyable. Chaque scène, chaque cadre, est en parfaite adéquation avec son sujet et sa thématique, les choix de mise en scène, de couleur, de lumière contribuent à l'ambiance de manière active, en plus d'un travail sur le son et les bruitages saisissant . C'est bien la premiere fois qu'une porte me fait flipper.


Et flipper, c'est bien le mot (si on veut). On est parfois surpris à sursauter sur son fauteuil comme un plouc, ou à stresser en attendant le dénouement d'une scène qui monte crescendo (la scène avec Geraldine Chaplin, quel pied! Et je ne vous parle même pas du 1, 2, 3 soleil...). Or, Bayona connait très bien son sujet. Il use sans en abuser des codes du genre, mais les emploie intelligemment, arrivant à surprendre même le spectateur blasé qui connait son abécédaire du film d'épouvante par coeur.


Le film est par ailleurs émaillé d'hommages respectueux aux mâitres du genre: certaines scènes sont d'un classicisme anglais à la James Ivory, d'autres sourdent une tension digne de Shining, parfois encore la peur devient sensorielle, charnelle, matérielle, et un simple filet d'eau devient angoissant comme chez Nakata quand il tournait au Japon, et plus encore, comme des emprunts appuyés au cinéma allemand ou à Poltergeist. Mais Bayona ne copie rien: il exploite ces codes mais les retranscrit à la sauce ibérique, avec des portraits de personnage à la Goya, ancrés dans l'Espagne catalane. Et comme on ne fait pas de film en copiant, il faut encore nourrir le récit... Mais j'y reviendrai.


Mieux encore, parfois, il dynamite, tout simplement, les codes, en inondant certaines scènes tragiques de lumière et de couleurs, en filmant non pas sa maison comme la vieille demeure baroque qu'elle est mais comme une espèce de villa cotiere en décalage avec la trame,  pour renforcer encore l'axe du film.


Cet axe, dont la parenté avec le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro, producteur de l'Orphelinat, est la frontière mince entre le réel et l'imaginaire. Et qui incarne mieux cela qu'un enfant? Car le monde de l'enfance, comme l'a relevé à merveille Pan, est peuplé de fées et de rêves, mais quel rêve ne recele ni monstre si horreur? Finalement, en grossissant le trait, que serait Peter Pan sans le capitaine Crochet?


Et le film de brosser une peinture comparée de l'enfant et ses angoisses et de l'adulte et ses certitudes, en montrant le deuil difficile que chacun fait de l'enfant qu'il a été, et de la nécéssité de le préserver sous peine de se couper du monde.


Bayona, avec rigueur et passion, met en scène une ode à l'imagination et à l'enfance, une parabole sur la nécéssité d'accepter son destin.


Alors oui, le film a quelques péchés des premiers films: certaines scènes sont redondantes, et Bayona n'a pas le cynisme nécessaire pour arrêter son film deux minutes plus tôt, il se sent obligé de laisser de l'espoir.


Mais comment lui en vouloir, tant le film est beau, juste, maîtrisé, suivant avec profondeur le parcours de Laura dans sa quête qu'on la voit la marquer jusque dans sa chair? Comment ne pas être fasciné avec ce film définitf qui parle de la souffrance, de la mort, de l'absence mais toujours avec cette infime lueur d'espoir?


Si vous n'allez pas voir ce film, vous passerez sans doute à côté d'un film en mesure de réinventer le genre à lui seul... les espagnols ne s'y sont pas trompé, puisqu'ils se sont rués en salle le voir. Il est vrai que l'évocation de la nécessaire paix avec le passé a une saveur particulière sur la péninsule, j'imagine. Et pendant ce temps, un producteur moisi signe le chèque du nouveau Berri...

Si vous n'allez pas voir l'Orphelinat, vous serez passé à côté d'un film en mesure de réinventer le genre à lui tout seul. Les espagnols ne s'y sont pas trompés, peut-être parce que l'écho du passé à une "saceur " particulière pour nos comparses péninsulaires...

Et pendant ce temps, en France, un producteur moisi doit probablement signer le chèque du prochain Berri...nti_bug_fck
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Publié dans Mon univers

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L
Ah c'est comme ca hein? Môssieur vient critiquer si bel ouvrage? Bon alors j'admets que mes connaissances géographiques sont nulles, et j'étais convaincu que le film se passait en Catalogne... Ensuite, j'étais également convaincu que del Toro était espagnol. Vérification faite, il est en effet né à Guadalajara.Cela dit:1- Quand on est tellement bluffés par mon talent au jeu des liens qu'on n'ose pas valider mes réponses transmises par SMS, on a le triomphe modeste2- Ne me parle pas de ce club qui, depuis une ligue des champions obtenue en économisant son énergie contre les petites équipes, n'a plus rien gagnéC'est ainsi: en foot comme en cinoche, je suis un esthete.Signé: la famille TatagriaPS: surveille ton courrier, une tête de cheval devrait arriver sous peu.
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T
Tout à fait d'accord avec ta critique , excellent film même si la fin est décevante. Mais j'ai un problème avec une de tes phrases :"Bayona ne copie rien ...... avec des portraits de personnage à la Goya, ancrés dans l'espagne catalane ". Or le film se déroule dans les asturies, pas en catalogne cher ami .Je te le fais en 4 : Catalogne = méditerranée (et pas océan comme dans le film) = Olympique de marseille = Bordeaux n'a jamais gagné la coupe d'europe( là si tu me reconnais pas t'es vraiment mauvais)Et puisque j'ai décidé de t'emmerder sur le beau pays de mes ancêtres , dont tu adores le cinéma mais méprise visiblement la géographie , une autre remarque:dans ton néanmoins très bon article Pars vite et ne reviens pas , tu m'as tout l'air de prendre Guillermo de Toro pour un espagnol, mais le fait est qu'il est mexicain bordel de merde.Alors ca suffit la désinformation de droite sur ce blog !
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