Réglement de comptes...
L'ex-premier ministre a publié hier «L'impasse». Il s'en est expliqué au quotidien suisse «Le Matin»
Depuis une semaine, ça bouillonnait dans le monde politique de France. Des bonnes feuilles avaient surgi, déclenchant panique, colère, incompréhension. Hier, est donc sorti en librairie «L'impasse», le livre de Lionel Jospin, ex-premier ministre (1997-2002) et candidat battu à deux reprises à l'élection présidentielle. Dans un déjeuner où «Le Matin» était le seul représentant de la presse suisse, il a persisté et signé ses propos. Morceaux choisis.
Ségolène Royal: Dès le début de son livre, Lionel Jospin tire à boulets rouges sur la candidate socialiste à la présidentielle 2007. Et écrit: «La raison fondamentale de l'échec de Ségolène Royal réside en elle-même. Il tient à sa personnalité. Il était inscrit dans son style de campagne comme dans ses choix politiques.»
«Je jugerai Sarkozy comme il juge ses ministres: sur les résultats!»Lionel Jospin, ex-premier ministre
Problèmes au PS
«Concernant mes propos, j'ai entendu et lu qu'elle avait évoqué le sexisme. Mais, moi, je ne connais aucune femme politique qui, face à la critique, invoque le sexisme. Quand Simone Veil a été attaquée sur l'IVG ou Martine Aubry pour les 35 heures, elles ont fait front. Mais invoquer le sexisme pour se défendre, c'est faire du sexisme à l'envers! C'est absurde... Et puis quand elle fait référence au Christ et à Jeanne d'Arc pour se défendre, ça apporte une certaine justification à mon livre!»
L'avenir du Parti socialiste: «L'impasse» serait une menace de division pour le principal parti de la gauche française? «Ce livre est loin d'être un règlement de comptes. Au contraire, je joue pour mon camp. J'ai écrit un livre de démystification. Oui, je reviens sur le passé, mais c'est un livre tourné vers l'avenir. Et, pour moi, le Parti socialiste est la forme d'alternance incontournable en France. Seulement, aujourd'hui, il a trois problèmes: le leadership, les alliances et l'identité. Mais il a les moyens de s'en sortir...»
Le président Nicolas Sarkozy: Lionel Jospin tient à le rappeler, «L'impasse» n'est pas seulement l'analyse de la défaite de Ségolène Royal. Une bonne part est consacrée à la droite et à Nicolas Sarkozy, président de la République depuis le 8 mai dernier.
«Je jugerai Sarkozy comme il juge ses ministres: sur les résultats! Il parle beaucoup, il est partout, on verra ce que ça donne! Il opère l'aplatissement du système, du pouvoir, du premier ministre, des ministres... Ça peut marcher en temps calme, mais que va-t-il se passer en période difficile?»
L'attentat a eu lieu très tôt hier matin dans un immeuble de l'avenue Bill Clinton, la principale artère de la ville.