Vie de la cité

Publié le par Vassili

Les dés sont donc tombés hier soir. La vague bleue n'a pas vraiment eu lieu. Certes, le gouvernement a la majorité désirée, mais pas dans les proportions attendues.

Plusieurs lecons à retirer, toutefois, de ce résultat:

- Le PS a réussi un redressement peut-être pas spectaculaire, mais au moins étonnant, en se basant sur la seule rumeur de la TVA sociale. Rappelons-le, ce projet n'était qu'un bruit, que l'Europe tant décriée par les français n'aurait jamais laissé passer. Mais le PS a su en jouer avec malice, tandis que l'UMP se défendait fort mal... Comme le disait Anatole France, "la gauche ne sait pas gouverner, mais elle sait se défendre". Et c'est bien ce qui s'est passé: sans projet ni programme, un peu comme Chirac en 2002, le PS a su, pour reprendre un terme du web, créér un buzz dévastateur...

- Juppé battu. Il paie, bien sûr, cette histoire de TVA sociale, mais aussi certaines décisions à l'échelle de Bordeaux, comme la mise en place du tarmway, pourtant à la base un projet socialiste, et aussi sa rigidité. Il se murmure, qui plus est, à l'UMP et dans les instituts de sondage, que la décision de Fillon de pousser dehors tout ministre battu était un coup de Trafalgar de Sarkozy pour pousser dehors le seul qui pouvait lui faire de l'ombre à l'horizon 2012. Juppé est mort politiquement, et il laisse un gouvernement dans un certain embarras, dommage collatéral pour Sarkozy mais guère plus toutefois.

- La séparation Royal/Hollande: l'auteur de l'information a avoué ce matin que Royal avait annoncé sa décision il y a 10 jours, avec ordre de ne pas le divulguer avant la fin du second tour. Allons donc, elle aurait dissimulé la vérité pour ne pas handicaper la campagne? Il faudrait être mauvaise langue pour le penser. Cela étant, je vous renvoie au livre "la femme fatale", qui a fait beaucoup parler, et qui, au-delà du parcours politique de la candidate, et du rôle nauséabond de Julien Dray, revient sur l'histoire privée du couple. Ainsi donc, Royal l'indépendantiste, qui brûle du secrétariat général, laisse de côté celui qui a assuré la synthèse du PS face aux éléphants et à Montebourg, et qui a rédigé son discours de Rennes, notoirement le meilleur discours de campagne de Royal... Tout cela après l'avoir trés médiatiquement demandé en mariage. Instrumentalisation? Allons donc, ca cadrerait mal avec quelqu'un qui dénonce si fort les méfaits des médias...

Comme le disent les latins, avec un déterminisme teinté de fatalité, "sic transit gloria mundi".
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Publié dans Investigations

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