Pas de pitié pour les...

Grande angoisse que la mienne au moment où les lumières se sont éteintes dans la salle de projection... Amateur de la BD originelle, salivant d'avance devant les images des différents bandes-annonces, le risque était grand d'une déception severe à la fin de la projection...
Et bien je vais pouvoir pousser un ouf de soulagement...
Premier constat: l'exercice de style est indiscutablement réussi. Certaines images sont des copies parfaites de cases de la BD, et le reste du film est une réussite esthétique, chaque image s'imposant comme un tableau vivant, dont les influences vont de Gericault à Poussin en passant par les peintures laquées sur coquilles d'oeufs asiatiques. Bref, un ébahissement visuel, qui rend grâce au travail du clairvoyant graphiste Miller, déjà responsable de Sin City. On devrait toujours imposer l'artiste en tant que producteur exécutif, cela garantirait que rien ne se ferait sans son tampon.
Le seul bémol, pour ce qui me concerne, est une utilisation un peu abusive du ralenti/acceleré. Cette technique a le mérite, en terme de narration, de suspendre la respiration du spectateur, qui devient alors attentif à l'image figée, avant de lui permettre de respirer dans le feu de l'action, nous mettant quelque part dans la peau même des spartiates. Mais l'emploi abusif le rend finalement un peu trop facile. Dommage.
Deuxieme constat: le scénario, on s'en doute, ne casse pas des briques. Il s'agit tout simplement de la bataille des Thermopyles, un peu romancée puisque 300 spartiates sont supposés tenir le défilé des Thermopyles (traduit en anglais par Hot Gates...) contre un million de perses. Zack Snyder essaie d'y ajouter une espèce de dimension politique, mais à mon sens ca ne s'imposait pas car d'une part ce n'est pas ce que le spectateur va y chercher, je pense, et d'autre part cette partie est ratée, beaucoup trop évidente, un peu estampillée "la politique pour les nuls".
Troisième point, l'action proprement dite: sur ce point, rien à redire. Le film a eu le bon gout de prendre en considération les vraies méthodes des phalanges spartiates (que je ne trahirai pas pour ceux qui seraient désireux de le voir). Qui plus est, le film est tout entier dévoué à ce déluge de fer, de feu et de sang, baigné dans une atmosphére de fureur, et on a l'impression que chaque technicien, directeur photo ou musiciens, ont tous eu la volonté de sublimer la violence de ces combats et l'intensité éléctrique de la confrontation. Entendons-nous bien: le film ne fait pas de la violence une fin, mais bien un moyen d'expression presque artistique.
Une note d'ailleurs pour la musique, qui sied admirablement au film, mélange de sonorités orientales et de rythmes martiaux, une réussite à l'intérieur même du film.
Enfin, mention spéciale à Gerard Butler, qui incarne le roi spartiate Leonidas, qui porte à lui seul le film sur ses épaules. Le risque était grand de le voir camper un psychopathe fini, et pourtant certaines scénes lui permettent de donner une densité à son personnage, tout en étant impeccable en chef d'armée furieux, presque possédé.
Bref, un film qui, s'il ne plaira pas à tous, de par notamment sa violence, reste une petite merveille esthétique, et une réussite globale réjouissante au possible.
Prochaine étape d'adaptation de Frank Miller, Batman Dark Knight, et il semble que ce soit dans les pistons. Impatience!
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