Filme ou crève!
Ah la la je l'ai attendu celui-là!!! Et il m'en a fallu du temps pour rassembler mes idées et vous faire une critique que j'espere digne de ce nom!

Barcelone. Angela, jeune journaliste ambitieuse officiant pour l'émission nocturne d'une petite chaine locale, part suivre les pompiers dans leur vie quotidienne. Ce soir-là, la caserne recoit un appel pour une intervention de routine. De routine?
Cloverfield m'avait vivement déçu par beaucoup d'aspects. Déjà, un péquin moyen qui ne savait même pas se servir d'un camescope finissait en faisant du film narratif, avec champ-contre champ, travellings et tout le toutim... Ensuite, j'avais tendance à penser que quand on avait accroché aux fesses un monstre géant adepte de pratiques extremement déplacées à base de Waug, on lachait sa caméra pour foutre le camp, un peu comme quand on fait l'équilibriste pour sauver sa peau.
Et tout cela servait un scénar navrant et ininteressant.
Et bien, après ce film-là et avant l'attendu Diary of the Dead de Romero, un autre film tente le pari de la caméra à l'épaule. Pari il est vrai pas si nouveau qu'il en l'air, puisqu'initié par exemple par Blair Witch, super ou nul selon les avis (je me range gaillardemment dans la seconde catégorie).
Ici, déjà, le postulat de base est plausible et respecté de bout en bout: on a une journaliste et son cameraman, donc il est normal que le type sache filmer, mais pas comme un réalisateur, bien comme un journaliste. Le film s'offre d'ailleurs une petite satire du dictat de l'image, en montrant quelques séquences off de la journaliste et sa quête effrenée de scoop, et le cameraman qui ne parait pas non plus étouffé par l'éthique...
A la différence de Cloverfield, la caméra ne filme que quand c'est légitime ou nécessaire, ne serait-ce que pour utiliser sa torche, et on ne se prend pas à se dire "mais qu'est-ce qu'il fout à filmer?".
Venons-en maintenant au coeur du sujet: la trouille.
Et bien elle est très réelle. D'abord, l'immersion est très bien amenée, servie en grande partie par des acteurs excellents, qui se comportent vraiment comme des lambdas devant la caméra, qui en jouant, qui voulant se faire mousser, jusqu'à celle qui bien sûr veut faire éclater des scandales à tous les étages. Chacun incarne un peu un comportement de spectateur type, qui attend son heure de gloire. A noter qu'ils ont vraiment tous des physiques ordinaires, regle que tout réalisateur désireux de montrer des personnages auxquels on puisse s'attacher devrait ne jamais oublier.
Ainsi, insidieusement, on rentre dans l'histoire, on s'attache, jusqu'à l'évenement déclencheur que je tairai, évidemment. Et là, l'ambiance est rondement menée: chute de rythme volontaire, séquences chocs (dont certaines foutent vraiment mal à l'aise), pas de musique, et bien sûr la facon de filmer, où la caméra devient un protagoniste à part entière, et je peux vous dire que quand le cameraman se fout à galoper sans prendre le temps d'éteindre sa caméra et en le laissant pendre à son côté, on se prend à lui dire "mais bouge-toi, galope!".
Je veux quand même vous informer que je ne suis pas exactement une petite nature, ni un néophyte de ce genre de film, et j'ai authentiquement eu quelques sacrées frousses. Pas autant que les jeunes filles qui hurlaient dans la salle, mais bon.
La claustrophobie montante, la peur, l'héroine qui n'en est absolument pas une, une réalisation extremement efficace, tout ceci conduit à faire de Rec un spectacle vraiment exceptionnel et éprouvant pour le trouillomètre, une oeuvre integre qui part d'une idée et s'y tient sans tricher, ce qui rend le film crédible et immersif, je le repete.
A ne pas louper, donc, en n'oubliant pas que certaines scènes bla bla bla, et que le film s'offre une jolie petite carrière en salles en France, pays où pourtant ce genre de film n'a pas vraiment la cote...
PS: pour info, et pour les nostalgiques des années 80, un film de Ken le Survivant (sorti en DVD il y a 1 an mais passons) est en salle. Pour l'avoir vu dans ladite édition DVD, les fans s'en amuseront comme au bon vieux temps, en se demandant comment ils ont pu regarder ca le mercredi...

REC, de Jaume Balaguero et Paco Plaza
Barcelone. Angela, jeune journaliste ambitieuse officiant pour l'émission nocturne d'une petite chaine locale, part suivre les pompiers dans leur vie quotidienne. Ce soir-là, la caserne recoit un appel pour une intervention de routine. De routine?
Cloverfield m'avait vivement déçu par beaucoup d'aspects. Déjà, un péquin moyen qui ne savait même pas se servir d'un camescope finissait en faisant du film narratif, avec champ-contre champ, travellings et tout le toutim... Ensuite, j'avais tendance à penser que quand on avait accroché aux fesses un monstre géant adepte de pratiques extremement déplacées à base de Waug, on lachait sa caméra pour foutre le camp, un peu comme quand on fait l'équilibriste pour sauver sa peau.
Et tout cela servait un scénar navrant et ininteressant.
Et bien, après ce film-là et avant l'attendu Diary of the Dead de Romero, un autre film tente le pari de la caméra à l'épaule. Pari il est vrai pas si nouveau qu'il en l'air, puisqu'initié par exemple par Blair Witch, super ou nul selon les avis (je me range gaillardemment dans la seconde catégorie).
Ici, déjà, le postulat de base est plausible et respecté de bout en bout: on a une journaliste et son cameraman, donc il est normal que le type sache filmer, mais pas comme un réalisateur, bien comme un journaliste. Le film s'offre d'ailleurs une petite satire du dictat de l'image, en montrant quelques séquences off de la journaliste et sa quête effrenée de scoop, et le cameraman qui ne parait pas non plus étouffé par l'éthique...
A la différence de Cloverfield, la caméra ne filme que quand c'est légitime ou nécessaire, ne serait-ce que pour utiliser sa torche, et on ne se prend pas à se dire "mais qu'est-ce qu'il fout à filmer?".
Venons-en maintenant au coeur du sujet: la trouille.
Et bien elle est très réelle. D'abord, l'immersion est très bien amenée, servie en grande partie par des acteurs excellents, qui se comportent vraiment comme des lambdas devant la caméra, qui en jouant, qui voulant se faire mousser, jusqu'à celle qui bien sûr veut faire éclater des scandales à tous les étages. Chacun incarne un peu un comportement de spectateur type, qui attend son heure de gloire. A noter qu'ils ont vraiment tous des physiques ordinaires, regle que tout réalisateur désireux de montrer des personnages auxquels on puisse s'attacher devrait ne jamais oublier.
Ainsi, insidieusement, on rentre dans l'histoire, on s'attache, jusqu'à l'évenement déclencheur que je tairai, évidemment. Et là, l'ambiance est rondement menée: chute de rythme volontaire, séquences chocs (dont certaines foutent vraiment mal à l'aise), pas de musique, et bien sûr la facon de filmer, où la caméra devient un protagoniste à part entière, et je peux vous dire que quand le cameraman se fout à galoper sans prendre le temps d'éteindre sa caméra et en le laissant pendre à son côté, on se prend à lui dire "mais bouge-toi, galope!".
Je veux quand même vous informer que je ne suis pas exactement une petite nature, ni un néophyte de ce genre de film, et j'ai authentiquement eu quelques sacrées frousses. Pas autant que les jeunes filles qui hurlaient dans la salle, mais bon.
La claustrophobie montante, la peur, l'héroine qui n'en est absolument pas une, une réalisation extremement efficace, tout ceci conduit à faire de Rec un spectacle vraiment exceptionnel et éprouvant pour le trouillomètre, une oeuvre integre qui part d'une idée et s'y tient sans tricher, ce qui rend le film crédible et immersif, je le repete.
A ne pas louper, donc, en n'oubliant pas que certaines scènes bla bla bla, et que le film s'offre une jolie petite carrière en salles en France, pays où pourtant ce genre de film n'a pas vraiment la cote...
PS: pour info, et pour les nostalgiques des années 80, un film de Ken le Survivant (sorti en DVD il y a 1 an mais passons) est en salle. Pour l'avoir vu dans ladite édition DVD, les fans s'en amuseront comme au bon vieux temps, en se demandant comment ils ont pu regarder ca le mercredi...
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