Lundi 26 octobre 2009
Même les non-amateurs de foot n'ont pu échapper à la polémique déchainée dans les médias par la décision de la Ligue Professionnelle de Football d'annuler la rencontre entre l'OM et le PSG, et les violences qui en auraient découlé.

Je pense qu'il est donc temps de remettre un peu les pendules à l'heure et de rétablir quelques vérités.

Nous sommes au début des années 90. A cette époque, l'OM domine le football français, d'une manière ou d'une autre. Le PSG, club de la capitale tout juste naissant, a grand besoin de reconnaissance et d'exposition. L'OM, également, pour asseoir sa popularité, a besoin d'un adversaire identifiable. C'est donc tout naturellement que Tapie, alors président du club,choisit, de son propre aveu, de créer une rivalité entre son club et celui de la capitale, jouant sur l'hostilité naturelle entre la province et la capitale. Du côté de Paris, on n'en demande pas tant: être artificiellement désigné rival numéro 1 du club le plus populaire de France à l'époque est un coup de pouce inesperé.

Ne reste alors plus qu'à donner corps à cette rivalité. Fort heureusement, déjà à l'époque, les médias adorent faire leurs choux gras de ragots, et ne vérifient absolument rien, ils ne se font donc pas prier pour vendre du papier sur cette histoire. La mayonnaise prend, la recette fonctionne, et tous les ans ce "clasico" autoproclamé rapporte moults euros à ceux qui le colportent.

Problème, un "clasico" est un match entre deux clubs rivaux. La rivalité s'entend d'une rivalité territoriale, comme Bordeaux et Toulouse pour le grand sud-ouest, ou Nantes pour le littoral. Elle s'entend aussi d'une rivalité économique, ainsi Lyon, la riche capitale provinciale, et sa voisine Saint-Etienne moins fastueuse, en Espagne la rivalité qui oppose le Real Madrid, club des riches, à l'Atletico, club de la banlieue plus ouvriere, en Italie l'Inter Milan et l'AC Milan, etc. Il y a, enfin, les clasicos entre grandes puissances du football dans leur pays, comme entre le Real et Barcelone, rivalité que double une rivalité politique de l'époque franquiste dans ce cas précis.

Rien de tel entre le PSG et l'OM, hors donc une certaine hostilité entre les grandes villes de province et la capitale.

Mais surtout, un clasico a tendance à avoir une influence sur les résultats: on attend des deux clubs, dans un clasico stricto sensu, que leur opposition joue un rôle important dans l'attribution d'un titre.

Or, depuis la création de toutes pièces de ce clasico, le PSG a dû jouer le titre environ 3 fois, entre 1993 et 1995 puis en 2004, et l'OM 4 ou 5 fois... mais jamais en même temps. Ces clasicos n'ont jamais servi à départager des prétendants au titre... Il n'y a tout simplement pas de clasico en France.

Deuxième aspect: l'annulation.

Samedi, on apprend que deux joueurs du PSG souffrent de la Grippe A. Un 3eme cas n'est que suspecté. La Ligue décide donc de maintenir le match.

Le lendemain, on apprend qu'un 3eme joueur est effectivement atteint. Rappelons que dans les écoles, si une classe compte, sur 20 à 30 bambins, 3 cas, on ferme la classe.

Dans un groupe pro d'équipe de football, il y a environ 22 à 24 membres, soit autant voire moins. Par conséquent, on ne "ferme" pas l'équipe, mais on l'isole, ceci d'autant plus que lors d'un match, lors des contacts, il y a d'inévitables échanges d'humeurs, type sueur. Donc, le risque sanitaire est bien réel, pour l'équipe comme pour ses adversaires.

La Ligue reporte donc la rencontre, certes tardivement, mais autant à deux le risque pouvait être pris, autant à 3 cela aurait été déraisonnable.

L'OM, en dépit du bon sens, se plaint de cet état de fait. En effet, un PSG amputé de 3 titulaires indiscutables assurait 3 points facilement gagnés... Donc on se réfugie derrière la mauvaise foi pour cacher son aigreur.

Et dans le même temps, les supporters marseillais agressent les parisiens. Et les médias d'accuser le report du match de cette flambée de violence. Question: quel est le lien? Pourquoi des milliers de supporters marseillais s'en prennent-ils à quelques centaines de parisiens, qui ne sont pour rien dans cette décision?

La réponse est simple, mais exige d'avoir d'autres ambitions que de vendre du papier en faisant du sensationalisme sans froisser un lectorat massif.

Si l'on remonte les infos autour de ces matchs-là, il y a toujours des incidents. Toujours. Sur une aire d'autoroute, dans ou hors du stade, il y en a toujours, d'une manière ou d'une autre.

La seule explication, c'est tout simplement la bétise patentée de certains supporters qui se foutent du foot, mais ne viennent que pour se foutre sur la gueule avec leurs adversaires.

Rien à voir avec la Ligue, le report, ou quoi que ce soit. C'est simplement une démonstration de stupidité.

Foule sentimentale, mon oeil.
Par Vassili - Publié dans : Billets d'humeur
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Vendredi 23 octobre 2009
Joie, félicité et knackis herta, l'actualité du jour donne du grain à moudre à mon mauvais esprit naturel, à travers 3 petites infos pas piquées des vers, tiens. Au passage, celui qui me donnera l'origine de cette expression débile (pas piqué des vers) recevra toute ma sympathie.

- Procès Clearstream. Comme tout le monde, je n'arrive pas à voir exactement de quoi il en retourne, et je doute que les magistrats soient en dehors du nuage opaque où se débattent tous les observateurs. En plus, drame éditorial: un mec de droite qui veut en manger un autre, il n'y a personne de gauche à défendre pour les journalistes... Il reste alors deux lignes directrices dans les médias français: tirer sur les deux, ou tirer sur l'adversaire de Sarko. Et il faut dire que les tenants de cette dernière thèse ont tiré le gros lot puisqu'on a appris, dans une discrétion fort éloquent, que le magistrat en charge du dossier, a reçu aussi récemment qu'opportunément une promotion... signée de la main du petit Naincolas. Pas de commentaire, je pense que tout est dit.

- Dans le même temps, le fils Sarko met un terme à la mascarade qui devait l'amener à la tête de l'EPAD. Il ne s'agit pas de légitimité, une nouvelle fois, mais bien de ses compétences qui le rendaient manifestement incapable de diriger un truc pareil, à moins de servir d'hommes de paille à une forêt de conseillers. Toutefois, cela appelle quand même quelques commentaires: la ficelle était tellement grosse, le mépris de l'opinion publique tellement perceptible, que Jean sans terre s'est retiré, ce qui prouve bien qu'il avait remarqué tout seul que son père et lui avaient dépassé les bornes. Et bien les même qui hier le conspuaient le trouvent lucide et sage, et beaucoup même trouve honteux qu'on ait poussé ce pauvre jeune homme à renoncer... Eternelle versatilité des foules, et bétise ahurissante des masses que la moindre caresse dans le dos rend immédiatement dociale, dans tous les cas l'opinion publique française ne sort pas grandie de cette affaire, ni les journalistes qui après avoir vomi sur sa probable nomination se lamentent sur son triste sort.

Dans le même ordre d'idées, après quelques recherches, j'ai enfin trouvé la réponse à une question qui me trottait: quand Devedjian, au terme d'un décret passé spécialement contre lui par Naincolas, n'a pas pu se représenter à sa succession (ca coute cher d'être chiraquien), Sarko s'est dit qu'il allait envoyer son fils. Problème: pas de place. Et là, fort opportunément, un administrateur, issu du Nouveau Centre proche de l'UMP, démissionne spontanément. Il était évidement qu'il faisait de la place pour Judas Jr. Mais tout cela ne pouvait être gratuit. Je me demandais s'il y avait eu menace, ou une nouvelle promesse de friandise, comme il y en avait eu pour les administrateurs pour élire Jeannot Crétin le 4 décembre prochain. Et bien c'est la seconde solution: notre administrateur dévoué a obtenu, par décret spécial, une place au Conseil Economique et Social, ce qui signifie une indemnité confortable et absolument aucune charge de travail si l'on n'a pas envie de bosser... Joli cadeau, au moins Naincolas n'est pas un ingrat.

- Enfin, vous avez sans doute entendu cette vibrante campagne anti-fraude à la radio. Je deteste les campagnes de culpabilisation, et celle-là en particulier. Je n'ai pas l'opportunité de frauder moi-même, mais dans le contexte économique dramatique dans lequel évoluent beaucoup de français, avant de condamner les français qui fraudent, il faudrait se demander pourquoi ils fraudent et les aider, ou leur donner des solutions sans verser nécessairement dans l'assistanat.

Mais ma petite favorite est quand même celle qui dénonce le recours aux arrêts maladie. Quand on voit que les statistiques d'arrêts maladie de complaisance sont surtout le fait des administrations de cet Etat qui condamne par radio interposée, qu'elles sont aussi le fait de médecins du travail scandaleux qui signent tout et n'importe quoi au mépris de leur éthique leur plus élémentaire, et que les syndicats, en particulier, sont les champions de la méthode et qu'ils y ajoutent que les représentants syndicaux utilisent leur journée d'activité syndicale comme jour de congé, tout cela avant de faire la leçon à tout le monde et de pouvoir paralyser le pays alors qu'ils n'ont aucune représentativité, on se dit d'une part que l'Etat ferait bien de donner l'exemple, et qu'en dehors de ses administrations il ferait bien aussi de ne pas se tromper de cheval.

Ce qui est réconfortant, c'est qu'au moins, on ne sera jamais en panne d'idées marrantes...
Par Vassili - Publié dans : Billets d'humeur
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Mardi 13 octobre 2009
Comme personne ne l"ignore maintenant, Jean Sarkozy deviendra bientôt le président de l'EPAD, c'est-à-dire l'organe de gestion de la Défense, à Paris.

Jean Sarkozy a 23 ans. Il a péniblement obtenu sa première année de droit, non sans avoir repiqué régulièrement. Il n'a aucune compétence, aucune bouteille. Et il va présider aux destinées de plusieurs milliers de salariés.

Tollé général, évidemment, au sein de tous les partis hors UMP, et évidemment à la Défense, où le seul argument rassurant est que le vrai patron c'est le directeur général. Ce qui est léger, puisqu'un Sarkozy ne laissera jamais quelqu'un diriger à sa place...

Il restait donc à voir comment l'UMP allait se justifier de ce qui est un nepotisme écoeurant.

Or, ce matin, Jean-Francois Copé, interviewé, s'est lancé. D'abord, il a prétendu que le jeune homme avait été élu au Conseil Général des Hauts de Seine avant de devenir président de sa majorité, puis qu'il fallait qu'il soit élu à l'EPAD. Faux, évidemment: il a été élu, soit, mais au sein de la liste UMP, et pas en première position. Or, dans les Hauts de Seine, la liste UMP passe de toutes façons. En revanche, la tête de liste devait devenir président. Mais, trahi par Jeannot, en digne fils de papa, lequel Papa ne s'est pas privé pour poignarder et magouiller de tours de bras, il a été élu au terme d'une manipulation politique terrifiante... Ce même genre de politique, faite de menace et de chantage, qui le fera élire à l'EPAD.

De même, Copé disait que si on se comportait toujours comme ça, il faudrait appeler Martine Aubry "la fille de Jacques Delors". Mr Copé, qui taxe ses opposants d'amnésie, oublie que c'est précisément ce qu'il s'est passé, et qu'il a fallu 20 ans à Aubry pour exister par elle-même. Et au moins avait-elle fait la démonstration de ses compétences, puisqu'elle au moins en avait...

Et d'ajouter enfin que si Jean Sarkozy voulait un mandat de plus, qui plus est sans solde, c'était son droit. Oui. Si l'on oublie tous les gens qui dépendront de ses décisions.

En terme d'images, je pense que Sarkozy se relevera mal de ce coup-là: pour quelqu'un qui a basé sa campagne sur la méritocratie, et sur le bénéfice du travail, un tel comportement est vraiment le camouflet adressé aux élécteurs de trop.

Sarko Jr pourra toujours se plaindre que "quoi qu'il dise ou fasse, il sera critiqué" comme il l'a dit ce matin dans le Figaro. Et tant qu'il n'aura pas de compétence, et que donc il ne pourra pas les prouver, ce sera normal.
Par Vassili - Publié dans : Billets d'humeur
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Lundi 12 octobre 2009
Encore un article court, aujourd'hui, je ne tiens pas à faire partie de ces blogs qui ressemblent à Twitter tant on y poste pour le plaisir d'y poster.

La semaine dernière, le Prix Nobel de la Paix a été decerné. Personne ne l'ignore, à moins d'avoir eu le cerveau congelé par TF1, il a été attribué à Barak Obama pour "ses efforts en vue de la paix".

En gros, la semaine derniere, le comité Nobel, comité privé, rappelons-le, et composé de 5 personnes, a récompensé une tentative.

Si l'on ne peut s'empêcher de penser à un coup médiatique en récompensant le populaire président Obama, un examen plus attentif laisse un goût amer.

Ainsi, l'on découvre que tous les ans, le président américain est nominé. Tous les ans. De là à penser que le Comité Nobel sert la soupe à l'homme le plus puissant du monde, il n'y a qu'un pas. Et à certaines époques, on se demande un peu au nom de quoi le président américain avait pu être nommé.

Toujours dans cette logique de respect marqué de flagornerie, il est de coutume de réveiller un lauréat pour lui annoncer sa bonne fortune. Dans le cas d'Obama, c'est son secrétaire d'Etat qui a été prévenu, à charge de le prévenir lors de son présidentiel réveil.

Enfin, revenons sur le fait que c'est une tentative qui a été récompensée. Doit-on, par exemple, donner une médaille à un sportif parce qu'il a essayé? Remetter le Nobel de littérature à Mazarine parce qu'elle a toute sa vie essayé de faire des livres (sans succès, hélas)? Et que penser alors de ceux qui, très concrétement, vont se faire trouer la peau pour faire avancer la peau? De ceux qui, pour prendre un exemple proche de tous, se battent au proche-orient, d'un côté comme de l'autre, pour faire concrétement avancer la paix?

Et que penser d'un comité qui récompense un homme qui pour l'instant a ouvert plus de camps militaires qu'il n'en a fermés? Certes, certes, son discours du Caire restera dans les annales comme un beau moment de courage.Mais parler n'est pas démontrer.

Et même sans chercher des exemples démagogiques, la Dalai Lama, ou Martti Ahtisaari, ne l'auraient-ils pas davantage mérité?

A vous d'en juger.

Par Vassili - Publié dans : Billets d'humeur
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Mercredi 7 octobre 2009
Une petite mise à jour, aujourd'hui, parce que l'actualité s'y prête un minimum...

- Segolene Royal a donné un meeting il y a quelques jours à Paris. Prudente, elle avait choisi une salle pouvant accueillir 600 personnes (on est loin de sa pathétique fête de la fraternité, dont la derniere occurence il y a quelques semaines a eu le succès que l'on sait). Las, ce sont seulement 200 ecer... militants qui se sont pressés pour entendre la poitevine s'exprimer... Mouvement qui s'essouffle? Militants qui réalisent enfin à qui ils ont à faire? Toujours est-il que je ne peux pas m'empêcher de me dire que le PS va peut-être commencer à s'en sortir, du coup, et c'est tant mieux.

- Al-Qaida (tout de suite c'est moins drôle) a mis au point des bombes internes, que le sujet doit introduire dans son anus comme un suppositoire. Or, ces objets sont indétectables par les portiques, par exemple, et il faudrait des rayons X pour s'apercevoir de leur présence. Problème: installer des portiques à rayons X partout couterait une somme astronomique, et surtout les personnes qui les emprunteraient souvent s'exposeraient à des séquelles physiologiques, ainsi que ceux qui travaillent à côté... Seule motif de "consolation":les engins ont pour l'instant une force destructrice très limitée. Pour ne pas vous laisser sur une note aussi sombre, je vous transmets la petite vanne que Canteloup a faite ce matin sur l'antenne d'Europe 1: "un truc de petite tailles qui fait des ravages à l'intérieur, ca fait des années que ca existe, dans le 13eme arrondissement parisien, dans les restaurants chinois, et ca s'appelle un nem".
Par Vassili - Publié dans : Billets d'humeur
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